
Les personnes sans domicile fixe font partie d'une population où nous sommes souvent ignorants.
Les échanges avec ces personnes sont trop rares pour pouvoir cerner et discerner leur réalité quotidienne.
Les personnes sans domicile fixe font partie d'une population où nous sommes souvent ignorants.
Les échanges avec ces personnes sont trop rares pour pouvoir cerner et discerner leur réalité quotidienne.
Bien souvant exclus d'un monde qui va de plus en plus vite où l'individualisme prend une place importante dans le parcours du citoyen. Nous pouvons juste affirmer sans prendre trop de risques qu'ils sont désocialisés et qu'ils sont en marge de la société.
Une détresse aux causes multiples
L'isolement
L'exclusion
Une détresse aux causes multiples
Il est important de rappeler que nous devenons SDF par des causes multiples qui s'expliquent par la précarité, le chômage mais pas seulement ; l'histoire de chacun est souvent banalisé ou inconnu alors que nous y trouvons parfois les raisons d'une chute vers un monde hostile que représente la rue quand celle-ci devient comme le dernier lieu d'un processus chaotique.
Un divorce, une perte d'emploi ou la disparition d'un être cher déclenchent parfois un mécanisme redoutable dans lequel vous vous retrancher au gré du hasard, dans une impuissance totale. La déchéance prend dès lors le pas sur le contrôle de votre vie. L'image narcissique est déformée, abîmée, et tronquée par une vie usée.
Inverser la tendance du chemin escarpé s'avère redoutable.
L'isolement
Les SDF témoignent souvent d'un isolement dans lequel ils sont enfermés où la parole et le regard de l'autre s'amenuisent au fil des jours comme une décadence certaine. Ils nous renvoient par le jeu d'un miroir une réalité qu'on censure comme pour ne pas être contaminé.
L'odeur de ces êtres paraît horrible. Ils repoussent même les plus téméraires d'entres nous. La vision de leur mal être par leurs joues boursoufflées par l'alcool, par leurs vêtements infestés de poux sans oublier la peau qu'il y a dessous rongée par les vermines offre le spectacle d'une débâcle.
L'exclusion
La rupture à l'autre s'opère par le corps avant le silence. Le rôle de l'alcool est d'essayer de réduire le degré de conscience de l'individu jusqu'à l'oubli, forcément provisoire, de ses souffrances physiques, morales et du monde sensible. Cet alcool est souvent présenté par les clochards comme remède inévitable qui permet de panser leur souffrance, boire pour ne plus pouvoir penser selon leurs propos.
La honte, le mépris, la rancÅ“ur, les remords et un passé qui semble des plus douloureux deviennent un fardeau à porter au quotidien dans une indifférence et une impuissance qui effraient.
Les SDF tantôt clochards empoignant une bouteille de vin, tantôt joueurs de flûte mendiants serrant un chapeau retourné, tantôt visibles par l'amas d'un tas de feuilles de journaux empilés souffrent mais résistent devant cette vie dure.
L'hiver passé, caméras et interview oubliés, ils retrouveront une certaine quiétude à l'abri des flashs pour tenter de vivre ou du moins de survivre avec l'espoir de se faire entendre d'un langage complexe à décrypter.
Ces personnes préfèrent parfois la rue à des centres qui paraissent peu attrayants, cette décision peut surprendre. Ils n'ont pourtant pas choisi d'être SDF.
