L'avis du psychologue
Nombre de psychologues s'accordent à penser qu'un ado ne supporte pas la frustration. Un ado ne supporte pas le non. Un ado ne supporte pas ce qui s'oppose à lui et qui l'empêche d'éprouver sa toute-puissance, si jouissive et ouvrant sur un champ des possibles infini. Telle la zappette qu'il tient dans sa main, un ado veut que rien ne lui résiste. Il veut pouvoir changer de chaîne et d'émission quand il le souhaite, un ado veut pouvoir être seul décisionnaire, sans rencontrer de problème de frein, sans tenir compte du désir de son voisin, être seul à décider ce qu'il veut voir, entendre, ou pas et d'y mettre sans aucun problème un terme quand ça lui chante. Mais la vie est-t-elle ainsi? Le monde est-il à la merci de chacun adulte ou ado? Nos envies et désirs sont-ils toujours en accord avec le bon sens, la loi, les conventions sociales...? Là est bien le problème. Mais cela va encore plus loin. L'ado prend ainsi l'habitude au travers ce zapping intempestif, de passer sans problème d'une chose à une autre, sans état d’âme psychologique, sans prise de recul, sans regard critique sur les choses, sans intégration psychique, à savoir le temps nécessaire pour « digérer ». Que veut-il ? Ne pas se poser de problème, ne pas se prendre la tête! Il a du mal à investir une relation dans la durée, à la moindre contrariété psychologique et anicroche, pas de problème il va zapper, et passer à autre chose, comme il changerait de chaîne face à une émission décevante. Que ce soit en amour, en amitié, à l'école, avec les autres ados ou enfants de son âge et qu’en sera t-il dans la vie professionnelle future et dans son développement psychologique?
C'est bien le problème d'une nouvelle pathologie psychosociale du lien interindividuel qui s'inscrit dans notre société.... mais aussi de nous, adultes, qui ne pouvons également nous soustraire, ou bien difficilement, à ce problème d'un modernisme grandissant et galopant, qui finalement même s'il nous « simplifie » la vie, nous pose problème lorsque l'on pose un regard sur la psychologie de notre comportement et complexifie notre relation aux autres.
A peine on s'habitue à quelque chose qu'il est déjà désuet. Investir dans la durée et la confiance devient un problème, un véritable parcours du combattant. Avant même de commencer quoi que ce soit, on sait qu'il y aura une fin, et celle-ci sera d'autant plus proche que le concept moderne. Tout doit se faire dans l'instant, impossible de différer. On le perçoit également avec le problème du fonctionnement du téléphone portable. La moindre question, anecdote à dire et nous nous jetons sur ce minuscule appareil qui nous relie à l'autre sans problème dans l'instant même où nous le souhaitons, quasiment n'importe où. L'urgence psychologique était-elle que cela ne pouvait-il pas attendre? Plus le temps laissé à la réflexion, plus de prise de recul psychologique, souvent nécessaire pour éviter certains problèmes de passages à l'acte, ou décision irréversible qui aurait mérité sur le plan psychologique peut-être d'être mûrie. Le problème est que du coup l'Homme ne sait plus différer, ce qui signifie qu'il ne sait plus, au regard de la maturation psychologique, contenir ses pensées et émotions. Le trop plein doit sortir, vite et de façon brute.
Tous ces objets modernes du quotidien nous renvoient cette même idée : rapidité, immédiateté et spontanéité. Mais que fait-on de la notion de Temps, nécessaire à la vie à la maturation sur le plan de la psychologie du développement. Le micro-ondes est bien évidemment à l'image de cette vie qui se doit d'être rapide. Aucun problème, vite réchauffé, vite mangé, on peut ainsi vite passer à autre chose.
Le conseil du psychologue
Tout ceci prête à sourire! Et pourtant, la question voire le problème semble fondamentale. Comment ne pas être contre-nature de la société dans laquelle on évolue ainsi que nos ados et nos enfants si on veut un temps soit peu se « dégager » des effets pernicieux du modernisme, et cela sans être un ermite au fin fond d'une forêt sans eau ni électricité ? En tout cas, il apparaît primordial en matière de psychologie du développement de s'interroger sur ce que l'on veut transmettre à nos ados et enfants. Peut-être que le problème de notre responsabilité est là, à nous, adulte, de les aider à ne pas se rendre « dépendant » du modernisme. Car le modernisme doit être une aide pour nous simplifier la vie sur le plan psychologique et matériel, non pour nous faire régresser et nous faire perdre ce qui caractérise en partie la psychologie de l'Homme, à savoir son sens critique et son discernement.
Conseil de lecture
La société de consommation – auteurs Jean Baudrillard
Les enfants, la consommation et le marketing – auteur Joël Brée
Conseil de site
http://www.yapaka.be/professionnels/audio/societe-de-consommation-nos-adolescents-dans-tout-ca
http://www.wat.tv/video/yann-arthus-bertrand-president-egr2_ebnr_.html
http://www.ademe.fr/particuliers/Fiches/dechets_des_menages/index.htm
En tout anonymat et confidentialité
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C'est S. FREUD qui, le premier, en 1910, emprunte ce mythe à l'antiquité grecque pour révéler l'existence d'une sexualité enfantine
Il est tiré d'une tragédie de Sophocle. Œdipe est un bébé abandonné à la naissance par ses parents. L'Oracle leur a en effet prédit que cet enfant ne leur apporterait que du malheur : « Il tuera son père et épousera sa mère ». Devenu adulte, Œdipe se décide à quitter sa famille d'adoption. En route, il se prend de querelle avec un homme (Laïos) et le tue. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il s'agit de son père. Puis il est amené à épouser la femme de cet homme (Jocaste), sans savoir qu'il s'agit de sa mère. Lorsque Œdipe découvre ce qu'il a fait, il se crève les yeux
Au regard de la psychologie, une tragédie qui illustre bien la part d’involontaire et d’inconscient présente dans chacune de nos actions.
L'avis du psychologue
Le début du complexe d'Œdipe se situe chez l'enfant entre 3 et 5 ans (quoique cette période semble fluctuer et être de plus en plus précoce).
La fillette aime et veut épouser son père, et inversement le garçon éprouve la même chose à l'égard de sa mère.
Pour sortir de ce complexe les parents devront édicter l'interdit de l'inceste et ainsi permettre à leurs enfants de se tourner vers d'autres « objets » d'amour, en dehors de la famille.
Tous les enfants vivent de façon plus ou moins prononcé ce complexe d'Œdipe qui n'a rien en matière de psychologie de l'enfant de pathologique et qui, bien au contraire, participe a son développement psycho-affectif.
En même temps que l'enfant est attiré par le parent du sexe opposé, il va ressentir pour le parent du même sexe de l'hostilité voire de la jalousie. L'autre parent étant perçu comme un rival et celui qui empêche la réalisation du fantasme de l'enfant.
L'Œdipe est plus difficilement vécu par les filles car la mère étant le premier objet d'amour de tout enfant, y renoncer définitivement pour les petites filles va générer beaucoup de culpabilité. Ceci va présager des relations complexes mère-fille alliant à la fois amour et haine, tendresse et agressivité de façon très ambivalente.
L'enfant sort de l'Œdipe vers 6 ans, au moment de l'entrée à l'école primaire.
Les acquisitions scolaires (lecture, écriture..) vont permettre à l'enfant de se détourner de son amour en sublimant (c'est à dire en investissant d'autres objets d'amour moins dangereux pour lui, le danger venant du fait de perdre l'amour d'un des deux parents) et en trouvant d'autres centres d'intérêts, permettant alors de gérer ses émotions. On voit bien comment un tiers (que ce soit un autre centre d'intérêt ou une autre personne) permet de mettre à distance des affects trop envahissants. L'enfant, plutôt que d'affronter le parent empêchant la réalisation de son fantasme, va chercher à s'identifier à lui, pour tenter de lui ressembler et s'approprier ses qualités intrinsèques.
Dans le champs de la psychologie de le complexe est une expérience essentielle dans son développement psychologique car l'enfant va apprendre une chose essentielle : ses désirs ne peuvent pas se manifester ouvertement, ni se réaliser pleinement.
L'enfant va devoir composer avec des moments insatisfaisants et d'autres satisfaisants, des réalisations et des frustrations, des plaisirs et des déplaisirs. Bien sûr, il en a déjà fait l'expérience tout bébé en comprenant qu'il n'est pas possible de téter aussi longtemps ni aussi souvent qu'il le veut.
Mais c'est dans l'Œdipe que l'enfant aura la compréhension la plus claire et la plus évidente des limites à son désir.
L'Œdipe a un rôle prédominant dans les prémisses de la future sexualité de l'enfant. Grâce au complexe d'Œdipe, le petit garçon sait pour la première fois ce que c'est que de se sentir garçon, tandis que la petite fille fait l'expérience de la féminité et de la séduction. Ce sont les balbutiements de l'identité sexuelle. L'enfant se reconnaît fille ou garçon, différent de l'autre sexe. Mais c'est seulement à l'adolescence que vont apparaître les premiers éléments concernant l'orientation de sa sexualité.
Les conséquences psychologiques de l'œdipe dans le développement de l'enfant
La résolution du conflit œdipien aura alors plusieurs conséquences dans le développement psychologique de l'enfant. Il va ainsi passer d'une relation duelle (mère-enfant) à une relation triangulaire (qui est la relation adulte « génitale » par excellence). L'interdit de l'inceste et du parricide (meurtre du père) va faire entrer l'enfant dans un système de culture où il sera soumis à la loi commune sociale, loi d'échange et d'interdiction. Il aura accès à la différence des sexes grâce à l'identification au parent du même que lui. L'identification se fait sur les plans morphologiques et psychique. Il reconnaît par la même occasion l'autre comme différent.
L'intériorisation des interdits et exigences parentales et sociales, censeur du futur adulte va donner naissance au Surmoi (instance d'une partie de sa personnalité qui va assumer interdits et identification). Une fois formé, ce Surmoi remplacera les parents dans la vie sociale. L'enfant gardera en lui un modèle idéalisé auquel il cherchera à se conformer, résultat de l'identification aux parents idéalisés. C'est une instance très narcissique, substitut de la toute-puissance de l'enfant. Le Moi va se comparer à un idéal, permettant à l'enfant et au futur adulte de se surpasser ( de « je peux tout » à « je voudrais tout pouvoir »).
Un œdipe mal résolu,
C’est lorsque l’enfant reste avec l’idée que son désir est fautif. L'enfant en conçoit de la culpabilité et éprouve un sentiment de rage contre ses parents, qui risque, ensuite, de se transformer en rage envers tous les adultes – surtout ceux qui sont « importants », qui ont du pouvoir sur lui. D’où la nécessité d’adopter tout de suite les bonnes attitudes face aux comportements parfois déroutants de son enfant, même si parfois son attitude peut être vécue comme valorisante pour des adultes en mal d'amour.
Le conseil du psychologue
Le positionnement des parents va donc être primordial pour aider leur enfant à gérer et sortir de ce complexe. Le rôle des parents va être d'entendre et recevoir cet élan d'amour de leur enfant mais de le confronter à des lois et des règles auxquelles tout individu est soumis, à savoir l'interdit de l'inceste, le respect de la différence générationnelle ( ce qui permet d'établir et bien spécifier à son enfant l'ordre des générations), l'obligation de choisir un partenaire amoureux en dehors de la sphère familiale, la chasse gardée du père et de la mère (ne pas laisser l'enfant dans l'illusion qu'il va pouvoir rivaliser avec le conjoint du même sexe : « non, ce n’est pas possible, je vis avec maman/papa et toi aussi, plus tard, tu auras un(e) amoureux(se). » ). Au sein des couples, il n'y a pas toujours un papa ou une maman présent physiquement. Cela n'empêchera pas l'enfant d'être en proie au complexe d'œdipe qui est un passage structurant de son identité. Le complexe va alors se déplacer sur un autre partenaire œdipien proche de l'enfant (une nounou, la jeune fille au pair, une voisine, un oncle, un parrain...). La gestion de ce complexe par les adultes devra être gérer de la même manière en édictant les mêmes règles à l'enfant.
L'homme (le père) va devoir énoncer et représenter « la Loi du Père » : Le père sera ici le médiateur. Il interviendra comme « privateur », séparant l'enfant de la mère : un tiers séparateur. Il interdit à l'enfant de fusionner avec la mère ("tu ne coucheras pas avec ta mère!" C'est l'interdit de l'inceste) et retient la mère de s'approprier son enfant. Cet interdit s'appelle : la Loi du Père. Pour que ceci s'effectue, il faut que la fonction du Père soit reconnue par la mère, puis par l'enfant. La place de séparateur doit donc exister déjà dans l'esprit de la mère. Le père pourra être tyrannique, soumis, volage ou fidèle, il faudra néanmoins que la mère le reconnaisse comme séparateur (et non comme géniteur). Cette fonction Paternelle doit exister dans l'esprit de la mère dés le début. L'enfant lui, ne la découvrira qu'au moment de l'œdipe
Par l'énoncé de cet l'interdit, l'enfant entre dans la culture. L'enfant devient sociétaire. L'enfant s'insère dans une structure familiale. Il ne peut y avoir coïncidence entre les liens d'alliance et de parenté. Cette loi de limitation préserve la famille, assure les générations contre la compétition continuelle et oblige l'individu à aller chercher ailleurs ses relations. Dans le champs de la psychologie de l'enfant, l'enfant vit, au moment de l'œdipe, une puberté psychologique fondamentale pour la conservation de l'ordre culturel. L'enfant passe d'une histoire individuelle à une histoire collective, car il connaît sa juste position dans la société, ses droits et ses limites.
Albanne FOURNIER – Psychologue
Conseil de lecture
Totem et tabou – Ed Payot, 2001- S.FREUD
Psychologie et Psychopathologie – Ed. Masson, 1990-collectif sous la direction de J. BERGERET
Six études de psychologie – Ed. Denoël , 1964 -J. PIAGET
Le complexe d'œdipe – Essais poche, 2006 - M. KLEIN

VA T-IL SI MAL QUE ÇA? JE N'AI POURTANT RIEN REMARQUE DE PARTICULIER.
[fulltext] =>..Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, en faisant le ménage ce matin dans la chambre de mon ainé, une espèce de boulette marron.Je ne suis pas née de la dernière pluie, moi aussi j'ai été jeune! Mais pourquoi mon enfant me fait-il ça à moi? Sa mère! Alors que j'ai l'impression qu'hier encore je lui changeais ses couches, aujourd'hui j'apprends qu'il se drogue! Ne pas m'énerver, ni paniquer! Réfléchir.
Je sais que je n'aurais jamais dû rentrer dans sa chambre. A 16 ans, il doit être à même de nettoyer son espace.
Je sais qu'à cet âge, je n'ai plus à rentrer dans sa chambre sans son autorisation.
J'ai violé son intimité.
Mais il se drogue! C'est grave!
Va t-il si mal que ça? Je n'ai pourtant rien remarqué de particulier...
Le problème de découvrir quelque chose qu'on n'aurait pas dû est toujours gènant. Effectivement comment aborder la question quand on n'est pas sensé savoir et sans que son enfant ne se sente piégé ni trahi dans son intimité et la confiance que l'enfant ou l'adolescent confère à ses parents pour le respect de sa chambre. Le problème est que le découverte n'est pourtant pas anodine et ne peux rester sous silence.
Il va falloir aborder le sujet avec son enfant, son adolescent, tout en marchant sur des œufs...
L'avis du psychologue
La culpabilité les envahit souvent : le problème est qu'ils n'ont pas su le deviner, se disent-ils, ni même l'anticiper (mais comment aborder avec son enfant ou son adolescent un sujet qu'on souhaite occulter de peur de mettre des idées dans l'esprit de nos chérubins). Ils n'ont pas su repérer la souffrance et les problèmes psychologiques de leur enfant de leur adolescent. Ils ne l'ont pas vu grandir. Ils n'ont pas su protéger leur enfant.
Ce que les adultes voient comme une consommation déviante et signe de mal-être psychologique, les adolescents, eux, le perçoivent comme une expérience, une découverte psychologique d'eux-même, une façon d'affronter leurs limites, de jouer (et déjouer) avec les interdits et les problèmes de risques, au regard de la psychologie une manière de s'intégrer à un groupe de pairs en créant une identité commune au travers d'une consommation qui les démarquera des autres adolescents mais essentiellement des adultes.
Fumer du cannabis, bien que répréhensible tant par la loi que par l'autorité parentale, n'est pas toujours associé à une psychologie de la dépression ou autres signes de souffrance psychologique. Ce sera d'ailleurs peut-être la démarche que les parents auront à faire, à savoir tenter de déterminer si leur enfant ou leur adolescent est en souffrance ou pas, en difficulté ou pas.
Le conseil du psychologue
Un parent en difficulté avec son enfant ou son adolescent peut demander de l'aide auprès de services spécialisés comme les Point-Ecoute, lieu de consultation et d'écoute anonyme et gratuit où des spécialistes seront à même d'accompagner les parents (et au besoin les adolescents) et les aider à se positionner dans la relation avec leur enfant. L'important est avant tout de ne pas rester seul dans ce genre de situation, en parler, afin de prendre le recul nécessaire à la compréhension du problème.
De plus, ce qui semble essentiel dans ce type de difficulté est de ne pas couper le lien et d'essayer de maintenir au maximum le dialogue avec son enfant.
On peut parler avec lui d'une pratique qu'on ne cautionne pas, et aider son adolescent à l'arrêter petit à petit, et en tout cas interdire formellement la détention de cannabis sur lui et sous le toit familial car bien évidemment, personne n'est sensé méconnaître la loi, et ceci est répréhensible par la loi.
Conseil de lecture
Cet enfant qui se drogue, c'est le mien – Ed Points, 1998 - Jacques GuillonConseil de site
Il n'y à pas de drogués heureux , Ed LGF, 1978– Docteur Olievenstein
La drogue ou la vie – Ed LGF, 1984 - Docteur Olievenstein
Besoin d'aide et d'écoutePosez vos questions
http://www.drogues.gouv.fr/article879.html
http://www.infordrogues.be/index.php?lng=fr
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La fugue traduit le besoin de fuir une réalité parfois trop pesante pour l'adolescent, dans le but de vivre autrement. Elle traduit un mal-être profond et un besoin d'écoute. Même si ces actes peuvent engendrer colère et culpabilité chez les parents il convient de rester calme, parler, essayer de comprendre les raisons qui ont déclenché cette fuite, sans pour autant banaliser l'acte. Si l'adolescent ne peut se confier à ses parents sur les raisons de son agissement, il faut lui offrir la possibilité de se livrer à une tierce personne (professionnels, numéros d'écoute gratuits). Rien ne sert de « l'enfermer », le priver de sorties, avec l'idée de le protéger. Ce comportement ne pourrait qu'aggraver la situation et son sentiment d'être incompris. Le dialogue est à privilégier. Suite à une fugue il peut être difficile pour l'adolescent de faire machine arrière, c'est pourquoi, lors du retour, il est important de ne pas l'accabler. S'il se sent incompris cela peut engendrer une réelle rupture des relations et il risque alors de récidiver. Ces récidives peuvent être plus longues et plus dangereuses. Si cela se produit il peut être nécessaire de faire appel à une aide psychologique. Il convient d'être vigilant face aux comportements du jeune car des fugues répétées liées à une activité délirante peuvent être les signes précurseurs d'une pathologie telle par exemple la schizophrénie. Ce trouble débute généralement à l'adolescence mais ne touche qu'une partie infime de la population (un peu plus de 1%). Il se traduit par divers signes comme un bouleversement de la personnalité, des réactions inappropriées, soudaines et irraisonnées Ces signes permettent de déceler le trouble avant qu'il ne s'installe. Il est alors urgent de consulter un psychiatre.
Le conseil du psychologue
Le temps de l'adolescence, des changements désorientent aussi les parents qui ne savent pas toujours quelle attitude adopter. C'est une période difficile pour le jeune durant laquelle il va être à la recherche de son identité, période qui peut être à l'origine d'un certain mal-être qu'il convient de prendre en considération. Il est difficile de prévenir le moment où tout bascule. Dans de telles circonstances les parents se trouvent souvent désemparés, ils ne doivent pas hésiter à se tourner vers les professionnels compétents en cas de difficultés. Il est primordial de se montrer disponible et à l'écoute.
Numéro d'écoute gratuit : Fil Santé Jeunes : 0800 235 236
Ecoute et orientation assurées par l'Ecole des Parents et des Educateurs d'Ile de France
Ouvert tous les jours de 8h à minuit (appel gratuit)
Jeunes Violences Ecoute : 0800 20 22 23
Ouvert tous les jours (sauf du 15 juillet au 30 août) de 8h à 23h 7j/7
Ecoute et orientation assurées par l'Ecole des Parents et des Educateurs d'Ile de France
Détache-moi!, se séparer pour grandir , Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFOConseil de site
Comprendre la crise d'adolescence – Ed Eyrolles, 2009 – Françoise Rougeul
Les ados expliqués aux parents – Ed Favres, 2009 - Pascale ROUX
www.jeunesviolencesecoute.fr
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A une période de sa vie faite de nouvelles expériences, de découvertes mais aussi de pertes, notamment deuil du corps infantile, l'adolescent va tenter de se construire une nouvelle identité. Il va s'attacher aux modèles de référence afin de s'intégrer parmi ses pairs et d'être reconnu. Les vêtements, les marques, les accessoires, la façon de parler, de danser, la musique autant d'attributs qui vont permettre à l'adolescent de s'identifier en tant que tel. Cela va lui permettre de se distinguer de ses parents mais aussi de légitimer son identification à un groupe donné. Il va pouvoir s'affirmer. Les diktats de la mode seront suivis en fonction du groupe auquel l'adolescent appartient ou celui auquel il veut se rattacher (style gothique, punk, techtonik, rap). Le regard des autres va avoir un effet considérable sur le choix des adolescents à s'investir dans tel ou tel courant. Ils peuvent vouloir s'identifier à l'une de leurs idoles.
La mode n'est pas l'apanage de l'adolescence, toutefois cette période est marquée par un besoin d'identification à un groupe et aussi le désir de se distinguer de la cellule familiale, des parents. Ces comportements vont progressivement s'estomper à un moment ou le jeune adulte parviendra à une certaine maturité et se sera ainsi progressivement construit une identité singulière.
Conseil de lecture
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas-Holper[sectionid] => 9 [state] => 1 [catid] => 137 [created] => 2009-03-30 09:26:17 [created_by] => 66 [created_by_alias] => [modified] => 2009-09-08 10:21:01 [modified_by] => 62 [checked_out] => 0 [checked_out_time] => 0000-00-00 00:00:00 [publish_up] => 2009-03-30 09:26:17 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [attribs] => show_title= link_titles= show_intro= show_section= link_section= show_category= link_category= show_vote= show_author= show_create_date= show_modify_date= show_pdf_icon= show_print_icon= show_email_icon= language= keyref= readmore= [hits] => 225 [images] => [urls] => [ordering] => 6 [metakey] => [metadesc] => [access] => 0 [slug] => 359:nos-ados-et-la-mode- [catslug] => 137:comportado [readmore] => 4185 [author] => Nilaina [usertype] => Super Administrator [groups] => ) [5] => stdClass Object ( [category] => Comportement [id] => 358 [title] => L'adolescent un ADULTE en DEVENIR [title_alias] => [introtext] =>
Détache-moi!, se séparer pour grandir, Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO
L'adolescent traverse, à cette époque de sa vie, une sorte de crise psychique. Il doit faire face à divers deuils, deuil de l'enfance, deuil de sa position privilégiée auprès de ses parents et de la dépendance qui le liait à eux. Ce processus est nécessaire pour accèder à un nouveau statut, celui d'adulte. L'adolescent va chercher à retrouver par ailleurs une certaine forme de dépendance, d'appartenance. Le besoin d'identification qui illustre cette période de la vie peut passer par l'intégration dans un groupe. L'adolescent va retirer une certaine fierté et une valorisation de sa position au sein de celui-ci. L'identité du groupe va parfois s'affirmer au travers d'une attitude anticonformiste, en marge de valeurs prônées par la société. L'adolescent montre ainsi sa volonté d'être différent et de se libérer du carcan familial. Les garçons adopteront plus fréquemment ce genre de comportement que les filles, bien que ces dernières soient elles aussi dans une recherche d'elle-même.
A ce moment de sa vie, le jeune peut se dresser contre l'autorité parentale, cela devant être perçue comme la manifestation de sa quête identitaire. L'adolescent anticonformiste ou tout simplement rebelle n'accepte pas ou difficilement les limites qui lui sont imposées. Il s'insurge contre une autorité trop castratrice.
Il faut lui permettre l'expérimentation tout en restant dans un rôle de parent, il faut proposer un cadre suffisamment souple qui permette à l'adolescent de s'épanouir lors de cette période. Plus le cadre sera rigide plus les jeunes tendront à s'y opposer. Ils verront là une façon de s'affirmer. Les règles imposées, notamment les règles de la société, peuvent être vécues comme une entrave à la quête d'une certaine liberté.
Il convient de considérer l'adolescent comme un adulte en devenir et de lui fournir pour cela un modèle qu'il sera libre ou non de choisir. La crise d'adolescence est un passage normal de la vie, une étape pour accéder au statut d'adulte. Pour beaucoup cette crise va se dérouler sans entrave particulière.
Les parents redoutent souvent cette période, peut-être en raison de la médiatisation faite autour de celle-ci.

Temps marqué par de nombreuses difficultés :
- l’ado doit affronter et accepter les modifications de son corps
- la découverte des premiers émois sexuels
- c'est le temps où les parents doivent accepter d’être remis en cause et devenir sujet de désillusion.
Temps marqué à la fois par des transformations physiques et psychologiques. Les signes extérieurs pour l'ado sont les vêtements, la coiffure, le langage, les transformations corporelles ( pilosité, développement de la poitrine, de la musculature, menstruation…) ; les signes intérieurs pour l'ado (éclairage de la psychologie) sont le doute de soi, les problèmes liés à l'inquiétude sur l’avenir, annulation du passé, importance du présent, corporatisme par rapport au groupe d’amis, les problèmes d'abandon de la pensée magique, crainte de devenir vieux ( pour un ado c’est avoir 30 ans !!!!! ).
L'avis du psychologue
Qu’est ce que la crise d’adolescence ?
C'est avant tout le temps de la métamorphose physique.
C’est ce qu'on appelle plus communément chez le pré adolescent ou chez l'adolescent la puberté, c'est à dire l'ensemble des transformations physiques et physiologiques qui permettent à l’enfant et au jeune ado de devenir un sujet capable de procréer.
Les problèmes liés à la question de l’origine de la filiation ( particulièrement sensible sur le plan psychique) s’inscrit dans le corps, aux travers des différentes caractéristiques physiques que la puberté révèle chez l’ado ( taille, poids, poils…), toutes plus ou moins héritées des parents, avec les problèmes et la difficulté de cette confrontation pour l’adolescent. Ressemblance qui rassure l’ado sur le problème de ses origines ( « je suis bien fille ou fils de » ) mais qui au regard de la psychologie l’angoisse car il ne veut pas être comme eux ( ils sont vieux !!!!).
Ce sont les bouleversements hormonaux qui sont responsables de la plupart des signes physiques de la puberté chez l'ado et ils entraînent la modification psychologique des comportements et des pulsions, essentiellement sexuelles, jusqu’alors inconnues.
La métamorphose dont l’ado va être l’objet lui est imposée. Il ne la choisit pas et il n’est pas forcément prêt ni préparé à ces bouleversements. La crise d’adolescence devient alors l’expression d’un travail psychologique mental qui consiste à quitter l’enfance et ses privilèges pour intégrer un corps irréversiblement sexué et se l’approprier.
La crise d’adolescence se joue également au niveau psychologique.
Il n’existe pas d’ado sans crise. Certaines sont transitoires, d’autres plus durables sont plus ou moins manifestes. Il convient peut-être mieux de parler de CRISES d’adolescence au pluriel.
On peut repérer 3 types de crise chez l'ado: liée à l’identification, à l’identité sexuelle, à l’autonomie et à la différenciation.
Une crise ne veut pas dire maladie ou pathologie ! Qui dit CRISE signifie changement !!
La crise d'adolescence liée à l’identification
Dans le champ de la psychologie du développement (enfant/ado/adulte) l’identification est un mécanisme de défense qui permet à l’individu de se construire, en prenant un (ou plusieurs) trait de personnalité qui appartient à son entourage ( essentiellement les parents pour les enfants et ados, ou adulte de référence ). Ce mécanisme psychologique de défense est inconscient et participe à la constitution du Moi ( = personnalité) de l’enfant. A l’adolescence, le jeune ado continue à fonctionner à partir d’identification mais les supports identificatoires vont se déplacer vers d’autres personnes que les parents. Ce sera les pairs, les idoles, les héros, d’autres adultes de référence ; ceci est dû au fait que les parents ne sont plus idéalisés et deviennent des parents réels.
La crise d'adolescence liée à l’identité sexuelle
L'adolescence est avant tout la réactivation du complexe d’Œdipe ( liée à l’arrivée massive des pulsions sexuelles)
Ph. GUTTON parle de crise pubertaire chez l'ado: le pubertaire est à la psyché ce que la puberté est au corps.
l'ado a peur d’être submergé par un désir (sexualité) qu’il ne maîtrise pas. Pour gérer cette crise, il y aura 2 façons différentes selon les garçons ou les filles.
Côté garçon, son excitation pulsionnelle l’exhorte à se trouver un objet d’amour, ça le fascine et l’effraie à la fois. Une violente force d’amour pousse l'ado vers sa mère ( qui est son premier objet d’amour ) mais le problème d'une menace toute aussi forte l'en dissuade dans le développement de sa sexualité ( interdit de l’inceste et chasse gardée du père ) . Le père de l'ado va « protéger » son fils en s’interposant entre lui et sa mère ( manifesté par les conflits père-fils ). C’est l’Œdipe négatif, à savoir que l’ado se soumet de façon symbolique au parent du même sexe. Cette soumission à la loi du père est donc un moyen de protection et une identification possible. Cependant cet appui sur le père crée d’autres menaces pour le jeune ado : celle dans le cadre de la psychologie de l'ado de la confusion identitaire d’une part, celle de la soumission « homosexuelle » d’autre part. Si l’ado est trop proche de son père, il risque de perdre ses propres limites et problème, ne plus savoir qui il est. C’est ici que le groupe de copains joue son rôle pour l'ado. L’étayage identificatoire auprès des autres ados permet au jeune garçon de se différencier de l’image paternelle, en cherchant à prélever des fragments d’identité sur les différents membres de la bande, tout en laissant parler le père qui est en lui, sans que cet aveu soit un problème pour l'ado de source de soumission ou de faiblesse ( ex. opinions politiques de l’ado et entendues dans le discours du père).
Côté de la fille, dans le cadre de la psychologie du développement de l'ado, la gestion de l’Œdipe ne passe pas par les mêmes relais sociaux. L'adolescente cherche aussi du côté du parent du même sexe mais elle est prise dans un conflit confusion-différenciation bien plus intense que l'adolescent car la mère reste le premier objet d’amour auquel il est difficile de renoncer psychologiquement. La quête identitaire de l'adolescente la pousse à observer le corps de sa mère et à y découvrir les marques de la féminité, pas simplement les rondeurs, mais aussi les premiers dépôts de l’âge. Dans ce regard nouveau sur la mère se mélangent un problème d'attirance et d'effroi.
NB : ce qui est différent chez l'adolescent, car le rapport identité-rivalité entre le père et son fils ne porte pas sur le problème du corps lui-même mais sur ses productions ( force, robustesse, endurance…)
Ce corps à corps entre l'adolescente et sa mère les contraint à s’éloigner mais dans la construction psychologique le rapport soumission-rivalité n’est pas sous-tendu dans le champ de la sexualité par la crainte homosexuelle comme pour l'adolescent. ( on comprend ici pourquoi le garçon a plus de problèmes à se soumettre à quelqu’un ou à l’autorité ).
En effet, si se soumettre à la mère représente une menace de perte d’identité chez la jeune adolescente, cela ne constitue pas une menace pour son identité sexuelle et pour sa sexualité en devenir.
L’amie va servir de point d’ancrage extérieur au moment où l’adolescente doit se différencier de sa mère. L’amie renvoie au regard de la psychologie en miroir une image satisfaisante de soi. Elle va permettre à l'adolescente d’aborder la question de la féminité en déplaçant le rapport soumission-rivalité et en donnant à ce rapport une intensité moindre et en même temps un sentiment de maîtrise puisque la jeune fille « sans problème » peut choisir son amie à laquelle elle va s’identifier ( alors que sa mère, elle ne l’a pas choisie !!).
En résumé éclairée par la psychologie, la gestion de l’Œdipe négatif ( se soumettre symboliquement au parent du même sexe ) est difficile pour l’ado qui est confronté à une série de paradoxes :
- menace psychologique sur son identité narcissique / risque de confusion entre soi et parent du même sexe
- menace psychologique sur son identité sexuée / risque dans le cadre de l'émergence de sa sexualité du fantasme homosexuel que le rapport avec le parent du même sexe actualise
crainte d’être débordé par la violence du fantasme parricidaire ( tuer symboliquement le parent gênant ) avec le besoin de protéger son parent éventuellement en s’en éloignant
Pour sortir de cette crise, l’ado va se rapprocher de ses pairs :
chez le garçon , dans le cadre du développement de sa sexualité, la crainte homosexuelle lui impose de diluer ses relations au sein d’une bande de copains
chez la fille adolescente, la crainte est moindre et elle peut se laisser aller à des relations exclusives.
Ce que l'ado gagne en surface d’échange, la jeune ado le gagne en profondeur d’échange.
La crise d'adolescence liée à l’autonomie : Ce dont j’ai besoin, c’est ce qui me menace le plus
Le problème et le paradoxe de cette crise au moment de l'ado se situent entre le besoin d’être compris de l’autre et la nécessité d’ échapper à son contrôle.
L’ado se sent tiraillé entre ses besoins affectifs et sexuels qu’il ressent et en même temps vivre cette attirance et son besoin de l’autre comme une menace pour son autonomie. Cette sécurité affective, qu’il attribue aux adultes et particulièrement au couple de ses parents et dont il a besoin, c’est justement ce qui menace son autonomie naissante. Si l’ado s’éloigne (sorties à l’extérieur…) ou s’enferme dans sa chambre, ce n’est pas parce qu’il n’a pas besoin des adultes mais c’est parce qu’il a peur d’en avoir trop besoin, et ceci lui pose un problème. Les ados qui sont « assez sûrs » d’eux sont capables de faire le tri entre ce qu’ils acceptent et ce qu’ils refusent, qui pose problème de la part des adultes. Ils peuvent manier ce paradoxe sans trop de problèmes, sans trop de difficultés.
Le conseil du psychologue
Pour l'ado les autres sont pris, sur le plan psychologique, dans une double angoisse : si on ne s’occupe pas de moi, je me sens abandonné et sans valeur, mais dès qu’on s’occupe trop de moi, je me sens envahi et sous l’emprise de l’autre. L’un des compromis possible pour l'ado, ce peut être les conduites d’opposition et tous les troubles développés par les ados qui leurs permettent d’avoir une certaine maîtrise de la relation. En effet quand je vais mal, j’attire l’attention de l’autre mais j’échappe aussi sur le plan psychologique au pouvoir de cette attention car je mets l’adulte en difficulté. Ces problèmes ou ces troubles dont les ados veulent se débarrasser, ils y tiennent comme à une sorte d’identité : tout ce qui ne va pas, c’est vraiment eux, alors que ce qui va bien, on ne sait plus si c’est à soi ou aux parents.
Permettre à l'ado de gérer au mieux et de dépasser sa crise d'adolescence passe par une meilleure compréhension de la crise d'adolescence et par le renforcement ou dans certains cas à l'installation d'un dialogue. Parent ont peut parfois se sentir démuni face à la crise d'adolescence de son ado et avoir besoin d'un éclairage, dans ce cas, il ne faut pas hésiter à en parler et parfois avoir à faire appel à une aide extérieure.
Conseil de lecture
Comprendre la crise d'adolescence – Ed Eyrolles, 2009 – Françoise Rougeul
Trois essais sur la théorie de la sexualité- Ed Gallimard, 1962-S. Freud
En tout anonymat et confidentialité

L'avis du psychlogue
Ce qui au premier abord ne constitue qu’un divertissement, une façon de vivre avec son temps pour nos enfants ou ados peu à terme devenir un véritable problème de psychologie de l'addiction. Cela peut répondre à un désir psychologique conscient voire inconscient pour l'enfant ou l'ado de fuir l’Autre, de s’éloigner d’une réalité qui peut sembler pesante pour l'adolescent, notamment à un moment de sa vie ou les problèmes de remaniement du corps et de l’esprit peuvent impliquer une véritable remise en question, des doutes sur soi-même et induire parfois un certain mal-être psychologique.
Dans un tel contexte, l'enfant ou le jeune ado en construction va souvent réduire sa vision du monde à des représentations orientées par les idéologies dominantes. Ses rapports et échanges sociaux avec le monde réel vont alors s’en trouver réduits jusqu’à être parfois inexistants, enfermant l'enfant ou l'ado sur le plan psychologique dans un véritable monde virtuel.
Sur le plan psychologique la rupture des liens sociaux et affectifs ainsi que la difficulté à communiquer avec l’entourage sont aussi des aspects significatifs de cette forme d’addiction. Les contacts virtuels que l'enfant ou l'ado va créer vont suffire à satisfaire son besoin de relation.
Il est aussi possible, dans certains cas extrêmes, de constater un problème de perte de poids chez les enfants et adolescents concernés.
Le conseil du psychlogue
Il est important d’aider ces enfants et ados à prendre conscience qu’ils ont une vraie valeur pour les personnes qui l’entourent.
Cela passe par une certaine restauration psychologique de leur estime d’eux-mêmes et par leur réinvestissement dans d’autres secteurs d’activités au travers desquels ces enfants et ados pourront acquérir une reconnaissance. L’aspect rassurant de l’interface numérique doit laisser place à une réalité bien plus enrichissante. Ces conduites peuvent aussi refléter de véritables difficultés familiales et il convient alors d'amener le jeune à consulter un spécialiste afin de l'aider à sortir de cet enfermement.
Face à cette forme d'addiction il est recommandé d'aider ces jeunes à développer leurs centres d'intérêt, leurs activités afin que le jeu ou Internet ne constitue qu'une distraction parmi d'autres.
L'état est conscient des risques de la cyberdépendance comme le montre le rapport de Anne-Marie Payet, le phénomène addictif, mieux le connaître pour mieux le combattre, déposé le 23 juillet 2008, toutefois les nombreuses questions relatives à cette préoccupation sont restées sans réponse.
Qui a peur des jeux vidéo ? Ed Albin Michel, 2008 - Serge TISSERON avec la collaboration d’Isabelle GRAVILLON
http://www.senat.fr/rap/r07-487/r07-487_mono.htmlPosez vos questions
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Les exigences de la société actuelle quant aux performances et à la compétitivité peuvent accroitre chez les enfants et adolescents en échec un sentiment psychologique de dévalorisation.
[fulltext] =>Certaines situations peuvent conduire les enfants et adolescents qui ne se sentent pas intégrés, pas conformes aux modèles mis en exergue à se désengager du schéma imposé par la société. L’école, qui joue un rôle fondamental à l’adolescence, peut ainsi être le lieu des premiers désinvestissements.
L'avis du psychologue
L’école a une importance non seulement en termes d’éducation et d’apprentissages pour les enfants et les adolescents, mais elle est aussi le carrefour de rencontres diverses et de nouvelles expériences. Elle permet une reconnaissance de ses aptitudes et offre au jeune la possibilité de s’affirmer. Elle peut susciter chez certains de la crainte, crainte d’être confronté aux autres, à l’autorité et à l’échec.
L’échec est constructeur, néanmoins pour retirer un bénéfice de cette expérience considérée au prime abord comme négative, il faut que l’adolescent ait suffisamment de ressources. Cela implique qu’il ait appris, au travers de son éducation, à faire l’expérience de l’échec. Il est important que l’amour porté par les parents ne soit pas un amour conditionnel, c'est-à-dire soumis exclusivement aux réussites de l’enfant. S’il a connu un amour conditionnel l’adolescent se trouvera fortement blessé en cas d’échec, d’autant plus si ses pairs en sont témoins. Des échecs répétés vont considérablement altérer sa confiance en lui et à terme il peut se désengager du système scolaire pour se protéger.
Ce désinvestissement est la marque d’une réelle souffrance qu’il faut prendre en considération. La blessure narcissique vécue par le jeune peut être considérée comme tellement insupportable qu’il peut alors adopter un comportement déviant. En l’absence de sources externes de réassurance (familles, activités sportives et culturelles) il peut intégrer des groupes marginaux, à la recherche d’une appartenance groupale qui lui permettra de revaloriser son estime et lui donner une certaine confiance en lui. Avant d’atteindre ce stade, l’adolescent va envoyer des signaux qui traduiront une demande d’aide non explicitement formulée. Cela pourra se traduire par la chute de ses résultats scolaires, un changement de comportement, un refus d’aller à l’école.
Le conseil du psychologue
Il convient alors de faire preuve d’écoute à son égard, le soutenir plutôt que le réprimander. Il peut nier et dire que tout va bien, il est en effet dans une période difficile, partagé entre la quête d’une certaine autonomie et un besoin de réassurance. Néanmoins il faut faire preuve de patience et se montrer attentif à son mal-être. Il peut choisir de l’exprimer en dehors de la cellule familiale, il est souhaitable alors de respecter ce choix. A noter qu’un contexte familial fragilisé ou soumis à des tensions permanentes (alcool, violence, disputes…) va accroitre le risque de rupture avec le système scolaire chez les adolescents vulnérables.
L’adolescent est à une période charnière de sa vie, partagé entre le besoin de liberté, d’indépendance et la peur du détachement. Tous signes de rupture avec le système scolaire est un symptôme de mal-être.
Jennifer Grimard – Psychologue
Conseil de lecture
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas- Holper
L'abandon scolaire. On ne naît pas décrocheur ! Ed Logiques, 2000 – Louise Langevin
Les ados expliqués aux parents – Ed Favres, 2009 - Pascale ROUX
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