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Adolescence
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L'adolescence est une période difficile sur le plan psychologique aussi bien pour les adolescents (du fait des divers bouleversements physiques et psychiques) que pour leurs proches et surtout leurs parents.
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Marcel Rufo, pédopsychiatre dit souvent qu'à leur crise, les parents se doivent de survivre!
Les premières sorties des adolescents sans les parents sont très souvent les causes des premières disputes, accrochages et revendications entre l'autorité parentale et l'enfant.
Que redoutent tant les parents dans ces premières sorties de leur ado sans eux?
Que s'imaginent-ils de ce qui peut bien s'y passer?
Que peut faire leur ado quand les parents ne sont pas là pour le surveiller, le protéger ? La question est essentielle car cela touche précisément ce qui échappe aux parents.

L'avis du psychologue
Tout adulte a été avant tout enfant et de surcroit adolescent, il est donc assez aisé de s'imaginer ces soirées d'ado, pour peu que chacun se replonge (de façon nostalgique ou pas) dans ses propres souvenirs. C'est une confrontation au temps qui passe, ce qui a été et qui ne sera plus. Dans la psychologie du développement de l'adulte celui ci prend alors conscience de ce qu'il a vécu et ne revivra plus, sauf à travers ses enfants. Ces premières sorties posent problèmes et peuvent parfois alors susciter de l'envie et de la jalousie à l'égard de cette jeunesse perdue. Les parents de l'ado en proie avec ces émois nostalgiques pourront parfois réagir au problème de façon vive et radicale en interdisant à leurs enfants de sortir, comme une façon de nier le temps révolu.
Dans un autre registre, l'adulte s'imagine fatalement que son enfant fera à son tour les mêmes expériences qu'eux. S'imaginer que notre enfant à son tour pourra vivre et faire les mêmes choses déconcerte les parents et parfois effraie de part les risques et les problèmes que leur enfant pourrait encourir. Plus l'enfant grandit et plus sa vie va « échapper » à ses parents ; son intimité ne leur appartient plus. L'adolescence est alors cette période où l'enfant va vouloir vivre ses propres expériences sans être sous la coupe de ses parents et conquérir des territoires nouveaux aux travers d'expériences et de rencontres nouvelles.
Ne pas savoir est peut-être ce qui est le plus difficile à vivre pour les parents.
Ces premières sorties pour l'ado sont ainsi la possibilité d'expérimenter un champ de liberté et de gagner en indépendance et autonomie. Ce sera pour les parents une façon de « tester » le résultat de leur éducation. C'est alors le problème d'une confrontation des parents à leurs propres valeurs, qu'ils auront réussi à transmettre ou pas. Paradoxalement, les adolescents, eux, vont avant tout chercher à se différencier et se démarquer de ce que représentent leurs parents. Toute atteinte à leur principe d'éducation sera vécue par les parents comme, un problème, une « attaque » et une provocation à ce qu'ils ont souhaité leur transmettre. C'est souvent d'ailleurs le point de problème et de friction principal.(« mais pourquoi nous fait-il ça? » se lamente une mère face à son ado qui a trop bu ; comme si l'ado avait volontairement voulu atteindre ses parents dans leur système de valeurs).
Les parents ne voient pas leurs enfants grandir, la représentation qu'ils ont de lui diffère de ce que vit et ressent le jeune ado. Ils ont un souci de protection à son égard vis-à-vis des mauvaises rencontres que leur enfant pourrait faire, alors que le jeune ado n'aura qu'une envie : effectivement faire de nouvelles rencontres, et bien évidemment les plus différentes possibles du cercle familial. Les parents s'imaginent le pire, les accidents, les abus d'alcool, les problèmes de consommations de drogue, les conduites dangereuses, les problèmes des fréquentations malsaines et déviantes...

Le conseil du psychologue
Dans ces premières sorties les parents devront alors accorder leur confiance à leur enfant ou à leur ado tout en jalonnant et délimitant un espace de liberté dans lequel l'adolescent pourra naviguer tout en expérimentant sa propre responsabilité. Il n'est en aucun cas question de livrer à lui-même son adolescent mais d'établir avec lui un minimum de règles (avec qui il sort, où, ce qu'il compte faire, des limites de consommation selon son âge, l'informer sur les risques de telle ou telle consommation illicite...).
Toutes ces règles et limites imposées par les parents, et pas toujours bien vécues sur le plan psychologique par les enfants (bien que nécessaire car contenantes), sont aussi une façon pour les parents de réviser l'opinion qu'ils avaient de leurs propres parents quand ils étaient enfant ou ado. C'est souvent un temps de réconciliation intergénérationnelle (le conflit se déplaçant alors à la génération suivante, mais ainsi sont les choses!). Cette confrontation entre génération (parents/enfants) est nécessaire, même si très souvent désagréable. Elle permet à chacun de se repositionner en fonction de l'évolution des besoins, mais surtout elle montre aux adolescents que même s'ils peuvent à leur âge vivre leurs propres expériences, ils ne sont pas pour autant livrés à eux-mêmes, ce qui serait terriblement sur le plan psychologique angoissant pour eux de se sentir seuls et non soutenus.
N'oublions pas que l'adolescence est le temps des paradoxes, et que c'est justement ce paradoxe que les parents devront gérer, entre être présent, mais pas trop, entre sévérité et souplesse, entre compréhension et interdiction. Tout sera alors question de dosage.

Albanne FOURNIER – Psychologue


Conseil de lecture
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas- Holper
Détache-moi!, se séparer pour grandir , Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO
Les ados expliqués aux parents – Ed Favres, 2009 - Pascale ROUX


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communication-ado.jpg

Le paradoxe de la vie humaine, c'est que pour être soi, il faut se nourrir des autres.

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L'ado, dans cette logique, est donc dépendant des autres pour évoluer psychiquement sauf que parallèlement il lutte contre cette dépendance. Il veut être libre, autonome car il ne veut pas être aliéné à l'autre. Paradoxalement si l'ado ne s'est pas assez nourri des autres, il risque une grande insécurité psychique ( car il aura des manques narcissiques et identificatoires ) ce qui du coup occasionnera une plus grande aliénation car il aura d'autant plus besoin de ce quelque chose qui le menace et qui lui manque, à savoir l'autre. D'ailleurs dans la pratique, ceux qui ont besoin qu'on les prenne en compte sont ceux qui le tolère le moins.
Se rapprocher de l'ado c'est l'aliéner. Il faut alors rendre tolérable ce paradoxe.
NB : Quand il y a peur, refus, dégoût chez l'ado, c'est souvent parce qu'il y a crainte du désir, c'est à dire crainte d'être submergé par un désir qu'il ne maîtrise pas. Il n'y a pas de désir sans peur ( et inversement pas de peur sans désir ), d'où la tentation de l'ado de dire que ce désir n'est pas un besoin, c'est la période du refus ( mécanisme de défense : l'annulation ) : « j' m'en fous ! c'est nul ». C'est une forme d'opposition qui protège l'ado et qui lui permet de mettre des limites entre soi et l'autre pour ainsi trouver sa place. ( ex. des punks et de leur attitude très provocatrice pour faire peur et maintenir l'autre à distance)

L'avis du psychologue
 
L'adulte doit pouvoir « accepter » ce comportement de l'adolescent sans que cela l'atteigne dans son intégrité. Or, beaucoup d'adultes manifestent une forme de « dépressivité ». Nous sommes une civilisation qui a beaucoup de moyens et plus on a de possibilités, plus grande est la frustration par rapport à ce qu'on n'a pas ( si je n'ai pas, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même ). Ces parents comptent alors sur leurs enfants pour qu'eux puissent en profiter à leur place. Ce sont des parents qui n'osent pas dire « non » à leurs enfants, « pourquoi les embêter, pourquoi les frustrer, les faire souffrir » ( sous-entendu « moi je souffre déjà suffisamment » ). En transmettant implicitement ce discours, ça ne rassure pas les enfants, on leur renvoie de la peur ( peur d'être dans la même souffrance que ses parents, peur de les décevoir). L'adulte doit pouvoir transmettre à ses enfants l'idée de réussir à travers l'effort. Et ce, à travers les limites qu'il va poser, à travers le « non » qui va générer une frustration chez l'ado et c'est par cette frustration que l'ado va pouvoir développer sa propre envie, son propre désir différencié de celui des parents.

Se trouver face à une limite est profondément rassurant pour l'enfant et pour l'adolescent (ce n'est pas parce qu'il est plus grand qu'il n'a pas besoin de limites!). Même si dans l'instant il va chercher à la transgresser. La présence de l'interdit comporte l'avantage de permettre la transgression. Et c'est la transgression elle-même qui autorise l'affirmation de soi dans la relation, dans la négociation et la confrontation à l'autre.
 
Le conseil du psychologue
 
Il n'y a rien de plus inquiétant pour un enfant que de ne pas sentir la réponse de l'adulte à l'instant où il transgresse. Cela le laisse dans une solitude qu'il va chercher à combler par la provocation, qui ira crescendo si elle ne rencontre pas de limite. ( ainsi l'ado mesure son pouvoir sur l'adulte et cherche sa place ). On considère à tort que les interdits briment les enfants (héritage de mai 68 ) alors que l'interdit a pour fonction de structurer l'affectivité ( « c'est parce que je t'aime que je t' interdis de faire ça » ). A contrario interdire ne veut pas dire tout vivre et tout savoir de la vie de son adolescent. Une limite primordiale que l'adulte doit édicter c'est que s'aimer ce n'est pas être tout le temps ensemble, c'est l'aider à se différencier. L'adulte doit être garant de ce processus de séparation, il doit encourager le détachement de l'adolescent, en l'aidant à affronter la réalité et non en faisant à sa place ou en lui faisant peur de ce qui l'attend dans la vie.

Albanne FOURNIER
Conseil de lecture
Trois essais sur la théorie de la sexualité- Ed Gallimard, 1962-S. Freud
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas-Holper
Détache-moi!, se séparer pour grandir , Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO
Comprendre la crise d'adolescence – Ed Eyrolles, 2009 – Françoise Rougeul
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divorce a l'adolescence.jpg

Le nombre annuel moyen de divorce en France depuis les 15 dernières années est d’environ 115 000. 70 000 d’entre eux impliquent des enfants mineurs. [fulltext] => Les conséquences du divorce sur les enfants vont dépendre de l’âge des enfants à ce moment mais aussi de la qualité des relations entre les parents et l’enfant.

L'avis du psychologue

Contrairement à l’idée selon laquelle l’adolescent est « grand » et de ce fait sera moins bouleversé par cet événement, l'ado cache en fait une grande fragilité et une vulnérabilité qui peuvent rendre ce moment particulièrement difficile. Deux adolescents sur cinq ayant eu à vivre un divorce souffrent d’un état dépressif. On peut noter chez ces derniers un état psychologique de tristesse plus ou moins latent, des troubles de l’humeur, de la concentration et parfois même des troubles des conduites alimentaires. L’adolescent peut avoir tendance sur le plan psychologique à se replier sur lui-même et adopter des comportements régressifs par rapport à son âge. Il est nécessaire de prendre en compte ces différents signes, marqueurs d’un état psychologique dépressif latent. D’autres ados vont réagir différemment en s’investissant d’un rôle de protection à l’égard des parents. Ils n’en vivent pas moins sur le plan psychologique des moments douloureux. Toutefois à leur façon, ces ados se protègent momentanément. Les problèmes de répercussions de leur souffrance seront plus tardives et pourront poser problèmes et avoir une incidence sur leur vie d’adulte. L’adolescent peut aussi adopter une vision pessimiste du mariage et de la vie de couple. Il va devoir élaborer un véritable travail de deuil psychologique, deuil du lien entre ses parents mais aussi du lien à ses parents. Il doit faire face au problème de la séparation du couple parental. L’adolescent perd les repères qu’il a toujours connus et doit en construire de nouveaux, pour lui, mais aussi avec chacun de ses parents. En raison des bouleversements et des problèmes qu’il connaît à cette période de sa vie il a besoin, par ailleurs, d’une certaine stabilité.

Le conseil du psychologue

Les parents vivent une étape difficile mais ils ne doivent pas négliger le dialogue avec leur enfant. L'enfant ou l'ado a besoin de comprendre mais aussi d’être écouté par rapport à ses problèmes d'angoisses, ses peurs, ses craintes quant à l’avenir.
Le divorce va diminuer le sentiment de sécurité et de protection que procurait la cellule familiale. Il est important de tenir les enfants et les ados hors du conflit du couple, et ce quel que soit leur âge. Les enfants et ados ne doivent pas avoir à prendre parti pour l’un ou l’autre des parents, ils ne doivent pas être l’otage ou l’arbitre du divorce.

A ce moment difficile de la vie du couple et de la vie de famille il est primordial que les parents ne se démobilisent pas de leur rôle à l’égard de leurs enfants et ados. Le dialogue a une importance capitale. Celui-ci doit s’établir avec les deux parents, auquel cas le jeune pourrait se sentir pris à parti par l’un deux. Le sujet du divorce doit être abordé de façon directe avec lui et en des termes concrets. Chacun a besoin de temps pour s’adapter à cette nouvelle situation.


Jennifer GRIMARD - Psychologue
 
Conseil de lecture
Agirs et dépression chez l'enfant – Ed In Press, 2008 - Marie-Laure Leandri, Martine Caron-Lefevre
Au secours, mes parents divorcent!, Ed Fleurus, 2003- J. Arènes
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cTemois victimes.jpg

ROMPRE LA LOI DU SILENCE?

La période de l’adolescence peut être le lieu de certaines violences, telles les abus sexuels, le problème de racket, l’intimidation… 
Victime ou témoin il ne faut pas se murer dans le silence.
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Il est souvent difficile de parler de tels sujets, évoquer ces violences sociales au sein du contexte familial parait souvent impossible.
Diverses associations mettent en place des lignes d’appel gratuites et anonymes afin de répondre à la détresse de ces jeunes enfants et adolescents en péril. Cette première démarche est susceptible de les conduire à briser le silence.

L'avis du psychologue

Les enfants et adolescents victimes de violence ont souvent peur de dénoncer les agresseurs, peur que ça recommence. En fonction des circonstances de l’agression, l'enfant ou l’adolescent blessé peut ressentir un sentiment de honte, de culpabilité (ex. agression sexuelle suite à une rencontre faite sur Internet). L'enfant ou l'adolescent peut ainsi parfois douter d’avoir été victime, c’est pourquoi il est nécessaire de favoriser le dialogue. Si l'enfant ou l'adolescent se confie ce sera souvent en premier lieu à un ou une amie proche voire quelqu’un qui aurait subit le même problème d' agression. Ce confident peut être le déclencheur quant à la révélation des problèmes de violences. Dans le cadre scolaire les faits peuvent être dévoilés par l'enfant ou l'adolescent à l’infirmière, à un professeur ou bien aux parents. Un changement de comportement de l'enfant ou de l’adolescent (repli sur soi, échec scolaire…) peut témoigner d’un mal-être psychologique et être le signe que celui-ci a été victime de violences. Victime ou témoin, les jeunes enfants et adolescents ont des difficultés et des problèmes à dénoncer, ils pensent qu’ils vont être montrés du doigt par leurs pairs. Ils vont parfois préférer se référer à leur bande d’amis. Les effets du groupe influent sur les réactions face à un acte violent. La dilution des responsabilités fait que personne n’intervient et personne ne se sent responsable, chacun pense que l’autre aurait pu agir. Le témoin peut aussi se taire par crainte d’être à son tour victime s’il brise le silence. Cependant tout comme les victimes, les témoins ont droit à une protection et à une écoute ainsi qu’une aide psychologique en cas de besoin. Le problème des diverses violences semblent être en recrudescence ces dernières années. Ce phénomène est fortement accentué par la médiatisation mais aussi par le fait que ces événements sont plus dénoncés qu’auparavant à la justice et de fait ils sont davantage comptabilisés. Cette violence faite à nos enfants et adolescents peut s’exercer dans des lieux comme l’école, ainsi les établissements scolaires font aujourd’hui de la prévention quant au problèmes de racket et autres abus. Cette reconnaissance sociale amène les jeunes victimes enfants et adolescents à se livrer plus facilement, elles ont moins peur.

Le conseil du psychologue

Il est primordial de proposer aux enfants et aux adolescents un soutien psychologique et une écoute adaptés et en amont de réfléchir aux méthodes de prévention et aux besoins des jeunes. Ces comportements viennent traduire une forme de mal-être psychologique qu’il ne faut pas occulter.

Lignes d’écoute :
Jeunesse, J’écoute, 0800 668 6868, est un service gratuit et anonyme pour les adolescents victimes qui souhaitent se confier.
Institut National d’Aide aux Victimes Et de Médiation (INAVEM) : 0 810 098 609 (numéro Azur).

Fil Santé Jeunes : 0800 235 236
Ecoute et orientation assurées par l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile de France
Ouvert tous les jours de 8h à minuit (appel gratuit)

Jeunes Violences Ecoute : 0800 20 22 23
Ecoute et orientation assurées par l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile de France
Ouvert tous les jours (sauf du 15 juillet au 30 août) de 8h à 23h 7j/7.

Jennifer GRIMARD – Psychologue

Conseil de lecture
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas- Holper
Violences scolaires, les enfants victimes de violences à l'école,Ed Syros, 2000 – Pascal Vivet, Bernard Defrance et Stanislas Tomkiewicz

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Bouc emissaire.jpg

ROMPRE LE SILENCE DE LA SOUFFRANCE ET SECOURIR

Dans le cadre de la psychologie de l'enfant, l’adolescence est une période de doutes sur soi, de recherche personnelle. L'adolescent qui se sent inférieur aux autres, qui a une mauvaise image de lui-même peut réellement en souffrir sur le plan psychologique si cela perdure.
[fulltext] => Cette image négative qu’il a de lui-même va être perçue comme telle par l’extérieur, par ses pairs, qui peuvent profiter de cette fragilité psychologique pour le désigner comme bouc émissaire.
L'avis du psychologue
L’adolescent qui se retrouve dans cette position a généralement sur le plan psychologique une faible estime de lui-même, il est incapable de reconnaître sa valeur et se considère comme peu intéressant. Il intègre même parfois qu’il mérite ce qui lui arrive. Cette rationalisation, par rapport à ce qu’il vit, lui permet de supporter sur le plan psychologique l’insupportable : railleries, moqueries de ses pairs, l'adolescent est même parfois agressé par ces derniers. L'adolescent est martyrisé, accusé de toutes les fautes des autres, de problèmes divers, de maux divers qui vont pour ces « bourreaux » fournir une explication quant à leurs comportements à son égard. Dans la psychologie en bouleversement son estime devient de plus en plus basse et fragile et l'adolescent se trouve pris au piège dans un engrenage infernal source de nombreux problèmes. Le bouc émissaire devient la victime physique et psychologique du groupe qui trouve alors un objet à la violence qu’il peut ressentir. L'adolescent qui est dans cette position aura tendance à se renfermer sur lui-même, à s’isoler jusqu’à devenir parfois réellement dépressif. Dans d’autres cas l'adolescent peut adopter un comportement défensif délinquant. La position de bouc émissaire peut avoir des retentissements au sein de la cellule familiale. Les adolescents victimes de moquerie, qui se retrouvent dans une telle position peuvent présenter une certaine violence. Victimes à l’extérieur ils semblent en quelque sorte se venger de cette position d’infériorité en adoptant un comportement agressif avec leurs proches.

Le conseil du psychologue
La souffrance psychique ressentie par le jeune et liée à cette position de bouc émissaire doit réellement être prise en considération. Sans cela elle peut avoir des répercussions négatives sur la vie du futur adulte, notamment en termes d'intégration sociale.
Cette souffrance peut même aller jusqu'à déboucher sur une maladie somatique. L'adolescent victime peut aussi s'enfermer dans sa bulle et adopter des conduites addictives afin d'échapper momentanément à cette réalité douloureuse.
Il est primordial de redonner confiance au jeune qui a été blessé, il ne faut pas laisser s'installer une dévalorisation, qui peut être néfaste aux relations futures qu'il pourrait établir. Il faut le rassurer sur sa valeur propre ainsi que sur ses qualités. Lui faire comprendre qu'il est aimé pour ce qu'il est, pour ce qu'il représente. Dans certains cas l'adolescent pourra avoir besoin de l'aide d'un professionnel afin de se reconstruire.

Jennifer GRIMARD - Psychologue

Lignes d’écoute :

Jeunesse, J’écoute, 0800 668 6868, est un service gratuit et anonyme pour les adolescents victimes qui souhaitent se confier.
Institut National d’Aide aux Victimes Et de Médiation (INAVEM) : 0 810 098 609 (numéro Azur).
Fil Santé Jeunes : 0800 235 236
Ecoute et orientation assurées par l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile de France
Ouvert tous les jours de 8h à minuit (appel gratuit)

Jeunes Violences Ecoute : 0800 20 22 23
Ecoute et orientation assurées par l’Ecole des Parents et des Educateurs d’Ile de France
Ouvert tous les jours (sauf du 15 juillet au 30 août) de 8h à 23h 7j/7.

Conseil de lecture

Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas-Holper

Violences scolaires, les enfants victimes de violences à l'école,Ed Syros, 2000 – Pascal Vivet, Bernard Defrance et Stanislas Tomkiewicz
L'enfant victime d'agression, états de stress post-traumatiques chez l'enfant et chez l'adolescent – Ed Masson, 1998 – M.C. Mouren-Siméoni, Gilbert Vila, L. Porche

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Et si on parlait.jpg

La communication de l'adolescent avec ses parents relève parfois d'un véritable paradoxe,

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plus il ressent le besoin d'être proche de ses parents, plus il va les tenir à distance. Il va ainsi s'opposer à ses parents afin d'accéder à une certaine autonomie affective. L'adolescence ne provoque pas inévitablement une rupture dans la relation parents – adolescent. L'adolescence ne provoque pas inévitablement une rupture dans la relation parents – adolescent. En effet, seuls 5% des parents nécessitent une aide extérieure pour résoudre ces conflits.

L'avis du psychologue

La communication parents – adolescent reste particulière en raison de l'intimité qui les lie. Cette proximité peut engendrer des conflits plus violents qui font ressurgir des éléments parfois passés. A l'adolescence le jeune est en quête d'identité et cherche à tester les limites.

Cette période constitue une phase de changements importants liés notamment au processus de maturation.

Les jeunes ont donc besoin que leurs parents aient un rôle structurant, bien défini. Il est nécessaire qu'ils imposent des limites même si l'adolescent montre son désaccord et rentre en conflit avec eux. Ils ont besoin d'éprouver ce cadre afin d'en tester sa solidité.

L'autorité parentale a une fonction rassurante, de plus, ces conflits relationnels constituent des étapes importantes pour la construction de la personnalité de l'adolescent.

Le conseil du psychologue

Se heurter aux autres, confronter ses points de vue, le conflit permet de se construire, il fait avancer et engage une certaine remise en question, source de maturité. L'essentiel est en effet d'apprendre à gérer ces conflits afin qu'ils ne restent pas stériles et permettent d'avancer.

Si l'adolescent rentre en conflit avec le cadre parental, il convient alors d'en parler avec lui afin de voir ce qui ne convient pas et si certaines négociations, adaptées à ses besoins, sont possibles.

Il ne s'agit pas que l'un ou l'autre des partis se soumette mais il s'agit bien de permettre l'instauration d'une communication active entre parents et adolescent, une écoute réciproque qui redonne à chacun sa place au sein de la cellule familiale.

Il est toutefois important de laisser l'adolescent faire des expériences. Il faut lui accorder une certaine confiance. Le cadre parental doit ainsi être structurant mais garder de la souplesse. Et il ne faut pas perdre de vue qu'en cas de conflit il doit être constructif.

Jennifer Grimard - Psychologue

Conseil de lecture
Trois essais sur la théorie de la sexualité- Ed Gallimard, 1962-S. Freud
Éducation et développement social de l'enfant , Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas-Holper
Détache-moi!, se séparer pour grandir , Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO
Comprendre la crise d'adolescence – Ed Eyrolles, 2009 – Françoise Rougeul
Les nouveaux ado, comment vivre avec?, Ed Bayard Culture, 2006 - Collectif

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Enfant, ado ou adulte, notre vie va être jalonnée par l’appartenance à divers groupes. Toutefois cet aspect prend une dimension toute particulière à l’adolescence.

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Dans le cadre de la psychologie de l'enfant, faire partie d’un groupe va être nécessaire à l’adolescent, il va faire de nouvelles expériences qui seront primordiales pour sa vie sociale future.

Plus de 90% des jeunes ados reconnaissent avoir des amis, 86% de ces même ados disent avoir un groupe de copains/copines et 40% disent appartenir à une bande, entendons par là un groupe d’amis stables avec lesquels ils partagent des intérêts communs et au sein duquel ils se sentent bien.

L'avis du psychologue

Ce sentiment d’appartenance à un groupe est important à un moment donné de sa vie où le jeune ado est en pleine construction psychologique au niveau de son identité. L'adolescent va se définir, durant cette période, comme membre de ce groupe en utilisant pour cela les aspects qui caractérisent ce dernier. Ces jeunes ados adoptent alors un langage commun, partagent les mêmes idéaux, les mêmes comportements… Sur le plan psychologique l’estime accordée au groupe va rejaillir sur l’estime personnelle de celui qui en fait partie. L'adolescent va retirer de la fierté de cette appartenance. L’adolescent pourra ainsi exprimer ses désirs et s’affirmer au travers du groupe. Cette appartenance lui confère sur le plan psychologique une certaine confiance en lui. Au sein de celui-ci l’adolescent va pouvoir vivre et résoudre ses problèmes, ses conflits intérieurs et développer des qualités relationnelles et sociales déterminantes pour sa vie de futur adulte.

Il est important que l’intégration au groupe permette au jeune ado de garder sa propre identité, son originalité, l’adolescent ne doit pas perdre sa personnalité en se soumettant à l’éventuel leader du groupe. Dans un tel contexte le problème lié à la pression du groupe et des règles imposées par celui-ci peuvent conduire l'adolescent à adopter des conduites à risque et à dépasser certaines limites.

Le conseil du psychologue

Les bandes d’adolescent ne se situent pas au-dessus des lois et les règles instaurées au sein du groupe doivent respecter les libertés individuelles.

Les adolescents dits « fragiles », plus vulnérables, qui manquent sur le plan psychologique de confiance en eux peuvent parfois être conduits à s’insérer dans des groupes violents voire des sectes. L’apparente sécurité que leur procure cette intégration n’est cependant qu’éphémère.

A l’adolescence le groupe, la bande de copains va prendre le relais sur l’attachement aux parents, le jeune ado a besoin de s’en détacher progressivement. Tôt ou tard la distanciation du groupe va être nécessaire à la poursuite du développement psychique et affectif du jeune en passe de devenir adulte.

Jennifer GRIMARD – Psychologue

Conseil de lecture

Éducation et développement social de l'enfant, Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas-Holper
Détache-moi!, se séparer pour grandir, Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO

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Période de revendications et d'affirmation de soi, l'adolescence est marquée par le besoin de se séparer des parents mais aussi la peur de perdre ce statut d'enfant. L'adolescent se retrouve ainsi dans une certaine ambiguïté alors même qu'il réclame plus de liberté.

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Dans quelles mesures les parents vont-ils pouvoir faire face à ces demandes ?
Où est la limite entre une attitude permissive, importante à l'épanouissement du jeune et à la découverte d'expériences et une attitude plus autoritaire, que le jeune va contester mais qui sera nécessaire afin de le rassurer ?

L'avis du psychologue

L'adolescence constitue une étape au passage à la vie adulte. Le jeune est pris entre deux mouvements, se détacher des parents, acquérir une certaine forme d'indépendance, et s'intégrer à un groupe, pour recréer un lien de dépendance. A ce moment, l'autorité, qu'elle qu'en soit sa forme, sera perçue par l'adolescent comme une entrave à sa quête de liberté. Même l'école, par son règlement contraignant, peut être vécue comme un obstacle à l'atteinte de celle-ci. Les parents se trouvent alors dans une position de négociation avec leur jeune. Il est important qu'une écoute mutuelle s'instaure, être disposé à établir des compromis, poser des limites et des repères qui prendront en compte l'adolescent en tant que tel. Il importe pour cela que les parents prennent conscience que le jeune qui se trouve face à eux n'est plus un enfant, mais pas encore un adulte. Les règles doivent ainsi être réadaptées, les parents se doivent de poser des limites claires quant à ce qui est permis, défendu, obligatoire et ce qui est dangereux. La négociation, dans le respect de l'autre, peut alors aboutir à une véritable coopération. Le respect doit être réciproque.

Le conseil du psychologue

Il semble ainsi que toute la famille soit concernée par ce passage obligé. L'écoute est primordiale ainsi que le dialogue, mais cela n'est pas toujours possible. Dans certains cas le conflit peut être indispensable à la séparation, indissociable de l'autonomie et de l'accès au statut d'adulte, en ce sens qu'il permet une distanciation de l'autre.
La communication est l'élément essentiel d'une véritable relation où chacun peut retrouver ses intérêts. Les adolescents ne doivent pas être stigmatisés par la société, ils ont seulement besoin d'être écoutés et pris en considération.

Jennifer GRIMARD – Psychologue

Conseil de lecture

Éducation et développement social de l'enfant, Ed PUF, 1979 – Christine Vandenplas- Holper
Détache-moi!, se séparer pour grandir, Ed LGF, 2007– Professeur Marcel RUFO
Les ados expliqués aux parents – Ed Favres, 2009 - Pascale ROUX

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« Ma timidité me pose problème »

La timidité est un trait de caractère assez courant à l’adolescence.

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Sur le plan psychologique elle est une marque d’un certain manque de confiance en soi, et freine la rencontre avec l'autre.

La timidité peut devenir un réel problème aux relations si elle est exacerbée et peut conduire l’adolescent à une forme d'isolement social.

Avis et conseil du psychologue

Si elle prend le chemin d'un problème d'intégration sociale mal vécu, d'un repli sur soi, ou encore si l'adolescent éprouve des difficultés psychologiques à s’adapter à son environnement, se montre angoissé, la mise en place d'une aide psychologique lui permettra de dépasser son problème (parfois en quelques séances).

Cette étape de la vie chargée d'émotions et de ressentis notamment amoureux pour l'adolescent, mérite d'être vécue dans l'ouverture au monde et la communication.

Durant cette période, le(a) jeune ado se sent parfois mal à l’aise dans son corps.

Ceci constitue un véritable nid à complexes psychologiques souvent loin de la réalité « mes seins sont trop petits, ou trop gros» « je ne suis pas assez musclé(e)» « je suis trop petit(e) ou trop grand(e) »

La présence d'un entourage rassurant, à l'écoute des problèmes et des préoccupions liées à cette période de vie permet à l'adolescent d'être rassuré dans son parcours.

Croire en l'Autre et dans ses capacités, lui montrer et lui dire, avec les mots simples de la vie, est important.

Véronique PELOUX-RUIZ – Psychologue

Conseil de lecture 

Éducation et développement social de l'enfant - Ed PUF,1979– Christine Vandenplas-Holper
Comprendre la crise d'adolescence – Ed Eyrolles, 2009 – Françoise Rougeul
Soigner la timidité chez l'enfant et l'adolescent - Ed Dunod, 2003 - L.VERA et G.GEORGE

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